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Que serait devenu Xavier Degans si, à 2 ans, sa grand-mère ne lui avait pas offert cette pâte à modeler. « Je réalisais des animaux saisissants de vérité, paraît-il », confie crânement l'artiste. Sans s'accorder toutefois beaucoup de mérite : « C'est dans les gènes, j'ai un sens de la 3D naturel. Mais j'ai beaucoup, beaucoup travaillé car j'étais dans la joie. » Plaisir prolongé aux Beaux-Arts. À Dunkerque. « Il y régnait un côté très convivial. Aujourd'hui, c'est scolaire. » Puis à Paris, où il rencontre Salvador Dalí, « le maître ». « Ses moustaches ne lui donnaient pas un air sérieux et pourtant ! »
Je suis allé le voir, au culot, dans sa galerie en décembre 1966, j'ai dû avoir les bons mots. J'ai été invité à me rendre chez lui, à l'hôtel Meurice. Il était satisfait par mon habileté. Il travaillait sur la Pêche au thon que Paul Ricard a acquise. » Il collabore avec Dalí à Port Lligat, sa carrière se lance très vite. En quarante ans, 3 700 peintures signées. Oniriques, fantastiques, surréalistes : « J'adore la double image, la mise en abyme. » Un goût partagé par Paul McCartney et nombre de personnalités scientifiques, culturelles, politiques ou syndicalistes. Épicurien, Xavier Degans place deux sens sur un piédestal. Le goût et la vue. « Les plus développés chez moi », reconnaît volontiers l'amateur de bonne chère et de cigares, qui compte Marc Veyrat parmi ses proches. Un « copain d'amour », selon l'expression réservée aux intimes. « Je suis un petit mangeur mais j'ai un palais développé. » Port d'attache immuable : Dunkerque. « Ma respiration. À Paris, j'étouffe. Et comme je suis terriblement flamand... » Flamand au pied marin. Ses père et grand-père dirigeaient une entreprise de réparation maritime. « Parfois, ils étaient payés en poisson. Alors, la sole et le turbot, ras-le-bol ! Les pêcheurs nous ramenaient des bouées. Dessus, des kilos de moules. Chaque employé partait avec 7-8 litres. À Dunkerque, "on n'a pas le droit de perdre car tout coûte trop cher". » À la CUD, le carnaval en mosaïque Dunkerque, « Je t'aime, moi non plus ». Né « sur la plage, dans un chalet US », il n'y expose pourtant pas. « Le monde est assez vaste. C'est vrai qu'au début Dunkerque m'a apporté. Passage obligé, j'ai peint la Saint-Martin et le carnaval. » Œuvre la plus connue du grand public : la mosaïque du carnaval, à l'hôtel communautaire. Réaliste comme une photo. « C'est la crise de l'emploi, je rencontre Albert Denvers (je le connaissais parce qu'il venait dans le café de ma grand-mère, Le Robinson, à Rosendaël), avec ce projet, très gai. Quel meilleur thème pour la CUD, de Gravelines à Bray-Dunes, que la bande de pêcheurs ? » Dunkerque, petit village. Celui dont le grand-père était le cousin d'un certain Charles de Gaulle, est intarissable sur les liens, tissés hier comme aujourd'hui, entre les « bonnes familles » dunkerquoises. Localement, une figure se détache. Roger Gouvart. « Il est l'un de mes mentors. Pour le combat et la défense de l'homme. Comme lui, je suis fasciné par l'infiniment petit et l'infiniment grand. » Cappelle-la-Grande, où Degans a ouvert une académie artistique. Où une rue porte son nom. « Les dockers, pour moi, c'est la dernière identité dunkerquoise », assure-t-il, péremptoire. Ne parlez pourtant pas de politique à Xavier Degans. L'affiche du « Jean Bart à la rose ? » « Réalisée parce que mon copain d'amour, Roger Fairise, me l'a demandée. » Car « l'artiste ne doit pas s'impliquer politiquement, son boulot, c'est d'enchanter les gens ». Alors, désenchanté après avoir accompagné les radicaux de gauche (représentés à Dunkerque par son cousin Jean Deweerdt) et soutenu Michel Delebarre voilà vingt ans ? Mais la critique, Xavier Degans ne s'en soucie guère. « Montherlant disait : "Ceux qui cherchent à se faire des amis sont des commerçants, ceux qui cherchent à se faire des ennemis sont des poètes." J'ai choisi mon camp ! » Provocateur, le chantre du maximalisme. « Le maximalisme, c'est le meilleur du meilleur dans le meilleur. L'intelligence, l'imagination, la création pour améliorer l'homme. » Un brin misanthrope : « Je ne supporte pas la banalité du commun des mortels cupide ». À 59 ans, il ne se soucie pas plus de sa postérité. « Je suis contre l'héritage. Mes enfants (quatre, nés de deux mariages) n'auront pas à se battre pour les tableaux. Je les offrirai aux villes qui m'ont fait plaisir, comme Gravelines. Quitte à créer une fondation pour gérer les droits et aider les jeunes créateurs. » La Voix Du Nord | |
// L'Artiste Xavier DEGANS en quelques grandes dates24 septembre 1949 : Naissance de Xavier Degans à Dunkerque.Décembre 1966 : Étudiant à l'école nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, il rencontre Salvador Dalí dont il devient l'élève. 1979 et 1981 : Rétrospective « 10 ans de peintures », à Dunkerque et Lille. 1980 : Une rue de Cappelle-la-Grande prend son nom. 2009 : Rétrospective à Gravelines.
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